Qui sommes-nous ?

A ceux qui portent vénération à la chose imprimée au point d’y trouver certitudes, à ceux qui cherchent des évidences à caler dans leurs étagères,
toutes nos excuses.

Pour nous,  chaque livre est un défi. Pour nous, peut-être plus encore que pour d’autres qui traversent la vie en sifflotant.

Une maison d’édition rurale. Des auteurs à côté des traces. Et assumés comme tels. Ainsi, Le village. Né d’une rencontre ordinaire sur un parking d’école. Improbable au départ. Incertaine, longtemps. Un livre que nous portions en nous, pourtant, dès l’origine. Un livre qui nous a révélé. Ce livre, Le village, est un travail sur la distance ; lorsque la sempiternelle carte postale se fragmente en autant de portraits saillants et révèle soudain le morcellement d’une société.

Ce livre se veut un travail sur le temps ; un curseur posé là qui fige l’instant mais surtout, et plus nous nous en éloignerons, soulignera l’époque.

Et qu’il ait survécu aux sarcasmes — « ce livre ne verra pas le jour » — dépassé la condescendance — « c’est bien ce que vous faites, mais… » — ou se soit nourri du franc refus  de certains, agrippés à ce fantasme de vivre ensemble — « Oser livrer ainsi en pâture mes administrés ! », ce livre pose un défi  à notre commune vision du village.

Ouvrir des failles. De page en page, obliger à mener ce constant travail de conquête. Après la sortie de ce premier titre, reniflant le concept, guettant notre bonne affaire, tant nous demandent : « vous allez faire cela avec tous les villages ? ». Au risque de sortir du tableau, nous suivrons notre propre chemin.

Ainsi s’ébauche Le yin et le yang. Entre campagnes-paysages et industrialisation cachée, un titre comme un défi à la confiscation des mots – « mais ça n’a rien à voir ! » — la confiscation des savoirs.

Un livre sur un équilibre grignoté entre ceux qui font et ceux qui dictent ce qu’il faut faire. Un livre à affronter. « J’ai ouvert le yin, et comme je viens de la ville, je l’ai refermé immédiatement » nous dit une libraire, ajoutant : « ce qui est plutôt bon signe pour le livre lui-même. »
Dépasser les apparences, déconstruire les évidences et en extraire un questionnement, voilà ce qui nous guide. Un livre à ouvrir. Il ne dévoile pas de scandale. Il parle de réalités quotidiennes. Et ses photos moquant les valeurs esthétiques bousculent notre vision rangée du monde.

Il faut bien commencer. Il faut commencer bien. Le village, Le yin et le yang, sont les deux premiers livres d’une collection intitulée Des choses à dire. Morceaux d’un puzzle qui, avec d’autres — d’autres livres, d’autres auteurs, d’autres lieux — entendent cerner les contours d’une époque, poser les bases de notre choix éditorial.

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