le village

Photos : Philippe Busser
Rédaction : Catherine Thoyer
Préface : Martin de la Soudière
Postface : Edith Bour

Collection, Des choses à dire


 

Qu’est-ce qu’il se passe quand il ne se passe rien ?
Plutôt que de voir ce qui se dit, ce qui s’exprime, ce qui est visible, les hauts-lieux, les moments forts, les récits, les prises de parole, les mises en scènes, et si on essayait de voir l’envers du village ?
Martin de la Soudière

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Prix Achille Allier

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Prix du postier écrivain Fondation La Poste

Yves

Yves

« … J’ai une entreprise de travaux agricoles et terrassement et j’exploite les terrains rachetés à ma mère au décès de mon père il y a 19 ans. La ferme est à moi et mon frère y faisait du mouton. À sa mort, le troupeau a été vendu. Je n’allais pas laisser la ferme. Alors quitte à racheter quelque chose, je voulais acheter ça, des brebis avec des cornes. C’est plus beau… »

Rosa et Robert

« … On vivait là-bas au foyer comme à la maison. Quand on avait du gibier, on apportait un bout, ou bien quand on tuait une vache. Elles avaient leur truc religieux. Si je ne voulais pas, elles ne m’obligeaient pas. Je les emmenais à la messe, je les laissais, je revenais les chercher… »

Caroline et Pierre

« … Entre le travail de Pierre, le mien, l’orthophoniste, deux fois par semaine, l’ergothérapeute, la psychomotricienne, le pédopsychiatre, le judo, les majorettes, la danse, on peut faire des choses, mais séparément. Et l’année prochaine il y aura le caté pour les jumelles… »

Emma

« … Plus tard, je voudrais être masseuse kinésithérapeute. Je suis habile avec mes doigts. Sinon, archéologue. J’aime bien l’histoire. J’aime voir des pierres qui datent de très très très longtemps. Je suis fille unique. Je suis tranquille, je joue avec mon chien Gribouille. Je la considère comme ma sœur… »

MARTIN DE LA SOUDIÈRE

PREFACE Ethnologue - Centre Edgar Morin - EHESS Paris


” Le présent ouvrage nous conduit loin des terres de la nostalgie aussi bien que de la tentation et des pièges de l’idéalisation. À travers des portraits à la fois singuliers et universels, très localisés en même temps que possibles à extrapoler, Philippe Busser fait défiler des figures de ce qu’on pourrait appeler la ruralité ordinaire. Figures qui habillent les lieux autant que les lieux les habillent. […]  Pas de « beaux » paysages, mais l’« infraordinaire » (Georges Perec), parfois l’envers du village, ce qu’on ne voit pas d’emblée ou qu’on ne veut pas voir. […] De son côté (non, pas : de son côté, mais : « à ses côtés », sur ses pas), en parfaite résonance pourtant avec le travail de Philippe, Catherine Thoyer nous propose son récit, à partir des paroles dont on sent qu’elle les a longuement recueillies, porte-à-porte. Autant d’autoportraits qu’elle nous dévoile et distille, nous plongeant dans l’histoire personnelle de chacun, Marlène /Christophe, un frère/une soeur, Simone, Jean et tous les autres, leur vie de travail, leurs chagrins ou leurs attentes, leur intime parfois. Ces pères, ces fils, ces femmes, ces gens de peu comme dirait le sociologue Pierre Sansot, ont fait écho en moi, s’inscrivant par ailleurs, il me semble, dans la mouvance et la posture de Raymond Depardon, si l’on songe à ses photos de la banlieue ou celles des décors de « sous-préfecture » comme il le dit lui-même.”

CATHERINE THOYER & PHILIPPE BUSSER

Auteurs


« Des témoignages et des regards sur un village où chacun, en se livrant, se joue des étiquettes, bouleverse nos stéréotypes tout en revendiquant sa place dans ce lieu.

Aujourd’hui, nous sommes habitués aux reportages exotiques. Avec des portraits du bout du monde, on peut faire dire ce que l’on veut ; personne ne viendra vous le reprocher.

Parce que le village nous est, à tous, familier, on croit tout en connaître, n’avoir rien à en apprendre. Pour nous, auteurs, il s’est agi tout autant de ne pas trahir que de ne pas nous laisser envahir, de trouver la bonne distance, afin de voir surgir l’humanité. Nous les avons écoutés, photographiés, nous avons recueilli leur parole, avec pour seule consigne : refuser cet avertissement qu’on a cru bon de nous dispenser dès le début : « Il y a des gens à ne pas faire, des choses à ne pas dire, il ne faut pas nuire à l’image du village. »

EDITH BOUR

ECLAIRAGE Sociologue - ENFA Toulouse laboratoire de dynamique rural


“Ces rencontres réunies nous livrent le portrait d’une commune et de sa communauté. La société rurale se recompose au gré de la mobilité moderne, mêlant ruraux de souche et ruraux d’adoption venus d’ailleurs. Le village contemporain ne se ressemble plus. Il se transforme, change, et pourtant reste le même. Certains verront ces évolutions comme une nécessité, d’autres comme une catastrophe. Du besoin de modernité à la nostalgie du temps passé, la commune avance, et s’adapte petit à petit à une certaine urbanisation et des politiques territoriales nouvelles, préférant le global au local, la « commune nouvelle » à la « commune rurale », se voulant adaptées à ces nouvelles campagnes que nous construisons. Mais la volonté d’uniformisation du monde rural met alors en question la pertinence du village comme territoire.”

Revue de presse

«Le village, il faut lui donner du temps, note judicieusement Catherine Thoyer, lui consacrer de l’énergie. Accepter d’en perdre aussi. Au village, il faut faire ses preuves. Gagner du galon. Remonter, par vagues successives, le courant de ce subtil agencement. Devenir regard à son tour. Guetter le suivant.» C’est aux confins de la sociologie, de l’ethnologie et de la littérature qu’il faut placer cet ouvrage touffu, passionnant, émouvant, captivant et parfois empreint d’humour, notamment dans les photos de Philippe Busser, où pourtant ne pointent que peu de sourires. De la sociologie vivante, telle que l’ont pratiquée d’autres visiteurs sur d’autres territoires de France, Yvonne Verdier, Pierre Sansot, Raymond Depardon ou Pierre Bergounioux. […] Sabine Audrerie

Journaliste, La Croix

“Chacun porte en lui un village.” Cet adage du sociologue Henri Desroche, figure du mouvement coopératif, constitue la trame de l’ouvrage sobrement intitulé le Village, édité par les Éditions du Miroir. La sensibilité avec laquelle Catherine Thoyer, à la rédaction, et Philippe Busser, derrière l’objectif, atteignent leur sujet – Montvicq, Allier, par 46.32 degrés Nord et 2.824  degrés Est – n’est pas sans rappeler la justesse du regard, la pudeur narrative qui imprègne les images, fixes et animées, de Raymond Depardon dans l’épopée documentaire Profils paysans. Ni misérabilisme ni posture compassionnelle maladroite donc, encore moins ce romantisme éculé qu’on prête volontiers à nos campagnes. […] Nicolas Dutent

Journaliste, L'Humanité

Avec cette volonté de dire ce qui est, Catherine Thoyer et Philippe Busser font de leur village, un village emblématique de la ruralité d’aujourd’hui, Le Village. Loin de l’imagerie d’Épinal. Ni vestige du passé, ni résidence éphémère pour citadins épuisés. Mais lieu de vie. Lieu de travail. Ainsi les auteurs passent-ils du local au global, voire à l’universel. C’est toute l’ambition et la réussite de leur travail enthousiasmant. […] Daniel Martin

Journaliste, La Montagne

Un double regard extrêmement sensible sur une commune qui approche de très près sa communauté sans céder à la compassion facile. […] « Le village » n’a rien d’un document d’office de tourisme. On y rencontre des misères, des nostalgies, des solitudes, des désespoirs, des histoires singulières, des parcours de vie extraordinaires mais aussi des petits bonheurs. […] Jean-Marc Laurent

Journaliste, La Montagne

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Il peut être le début d’une réflexion sur ses propres identités, sur son rapport à l’autre.”
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Souhaitons qu’il bouscule la vision d’un monde trop souvent enfermé dans ses propres clichés.”
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Qu’à partir de chacune de ces histoires uniques et universelles, il provoque le besoin d’aller toquer chez son voisin.”
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ISBN  978-2-9549613-0-9

9782954961309-2

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